A Chauconin, les élèves découvrent l'enfer des tranchées

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A Chauconin, les élèves découvrent l'enfer des tranchées

« La mitraille, c'était sans arrêt ! Au point que certains en devenaient fous. Dans les tranchées, les soldats avaient les pieds dans la boue, ça puait », raconte d'un ton sec Martial Derynck, membre d'Histoire et Collection, aux élèves de CM 1 et CM 2 de l'école de Chauconin-Neufmontiers. Ils étaient hier après-midi sur le champs de bataille créé par l'association sur un terrain de la commune, théâtre samedi dernier d'une reconstitution de la guerre de 1914 - 1918. Durant tout le mois de septembre, les lieux sont ouverts au public afin de permettre à tous d'avoir une vision plus fine de l'enfer de la Grande Guerre. "Ce qu'ils ont fait est impressionnant de réalité, s'enthousiasme Sophie, l'une des enseignantes de CM1. C'est bien, c'est concret. Pour mes élèves, la guerre, c'est rigolo ou c'est des jeux vidéo. Il y en a quelques uns quand même qui m'ont dit: La guerre, c'est horrible, il y a plein de morts."

Après avoir vu la différence entre les tranchées française et allemandes, le tout dans la fumée, les odeurs de boules puantes et le bruit des canons, les enfants ont en effet une idée plus précise de ce qu'est la guerre. " Je pensais que les soldats rentraient chez eux le soir après avoir fait la guerre, avance Ambre. Je n'imaginais pas qu'ils vivaient dans des endroits pareils et qu'il y avait des hôpitaux." "Moi, je croyais qu'ils avaient au moins des seaux pour faire pipi", s'indigne Cassandra tandis que Martial Derynck leur explique que l'on faisait ses besoins un peu partout.

Un peu plus loin, c'est à l'infirmerie que les enfants ont rendez-vous. Ils y apprennent, un peu impressionnés mais gardant le sourire, que l'on amputait avec une scie, pas toujours sous anesthésie. "A l'église de Chauconin, c'est sur l'autel que l'on opérait", glisse Martial Derynck. "Oui, je fais un peu peur aux enfants, assume-t-il. Mais il faut que ça les marque. Il faut leur faire comprendre le grand malheur. Tout ça, on ne l'apprend pas à l'école." C'est au programme de fin d'année de CM2. "Je ne suis pas sûre qu'ils aient tout compris aujourd'hui. Mais ça va mûrir, affirlme Sophie. Quand ils aborderont ce point du programme, ça reviendra et ce sera bien vivant."

Faustine Léo: Le Parisien du 13/09/2014

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